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  • Le présent rapport reconnaît que des progrès ont été accomplis en vue de concrétiser les promesses entérinées par le huitième objectif du Millénaire pour le développement (HUITIÈME OBJECTIF). Il identifie cependant des revers importants, dont la plupart résultent de l’état actuel de l’économie mondiale, qui se trouve aux prises avec sa plus grave récession depuis la Grande Dépression des années 30. Certains pays donateurs réduisent leurs budgets d’aide publique au développement (APD); plusieurs pays développés et en développement ont recouru à des mesures protectionnistes; la résurgence du surendettement appelle à de nouvelles mesures d’allégement de la dette qui toucheraient également une base plus large; les coûts des médicaments essentiels sont en hausse; et l’écart technologique entre les pays développés et en développement est susceptible de se creuser davantage. Ces effets accentuent les conséquences dévastatrices de la récession mondiale au sein même des pays en développement. Non seulement la réalisation des objectifs du Millénaire progresse moins rapidement, mais, dans de nombreux domaines, même les avancées chèrement acquises ces dernières années sont menacées. La crise exige un renforcement des partenariats mondiaux pour le développement, comme le reflète le huitième objectif.
  • Le premier rapport du Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, publié en 2008, avait déjà averti qu’un affaiblissement de l’économie mondiale ainsi qu’une hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques menaçaient d’annuler les avancées obtenues en vue de la réalisation des engagements internationaux dans les domaines de l’aide, de l’allégement de la dette et de l’accès aux médicaments essentiels abordables et aux nouvelles technologies. Au cours de l’année passée, la crise financière s’est intensifiée et s’est transformée en récession économique mondiale. La crise, si elle a fait apparaître des défis majeurs pour le Partenariat mondial pour le développement, a également créé de nouvelles opportunités pour le consolider. Le document final de la Conférence sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement a reconnu que les pays en développement avaient été parmi les plus durement touchés par le ralentissement économique mondial. Les États Membres des Nations Unies ont approuvé l’action concertée convenue par les dirigeants du Groupe des Vingt afin de revitaliser l’économie mondiale grâce à l’injection de montants importants de financement supplémentaire. Toutefois, ils ont également recommandé que les besoins financiers des pays en développement, notamment des pays à faible revenu, soient davantage abordés.
  • Depuis le Rapport 2008 du Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, les pays développés ont réaffirmé plusieurs fois leurs engagements en vue d’accroître l’aide publique au développement (APD). La Déclaration de Doha, adoptée par les États Membres des Nations Unies lors de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement chargée d’examiner la mise en oeuvre du Consensus de Monterrey en décembre 2008 stipule que « [l]a concrétisation de tous les engagements pris en matière d’APD est primordial; ainsi, de nombreux pays développés se sont engagés à consacrer 0,7 % de leur [RNB] à l’APD des pays en développement à l’horizon 2015 et à atteindre l’objectif minimal de 0,5 % du [RNB] d’ici à 2010 ». Elle s’est « [félicitée] également de ce qu’à Hokkaido (Japon) les dirigeants des pays du Groupe des Huit aient affirmé leur ferme détermination à s’efforcer d’honorer les engagements qu’ils avaient contractés à Gleneagles, en Écosse, notamment à augmenter par rapport à 2004, conjointement avec d’autres donateurs, l’APD versée à l’Afrique de 25 milliards de dollars des États-Unis par an d’ici à 2010 ».
  • En 2008, plusieurs tentatives ont été entreprises pour parvenir à un consensus autour d’un accord global sur le Cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha qui avait débuté en 2001. La mini-réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui s’est tenue en juillet 2008 s’est efforcée de conclure un accord sur les modalités dans des domaines aussi cruciaux que l’agriculture et les biens industriels. Les négociations n’ont pas seulement échoué à cause du désaccord des parties sur le seuil ou les mesures correctives susceptibles de déclencher un mécanisme de sauvegarde spécial (MSS); plusieurs questions importantes aux yeux de nombreux pays en développement ne recevaient pas non plus une attention suffisante. On peut, entre autres, citer l’érosion des préférences, la libéralisation des produits manufacturés et le besoin pour les pays en développement de conserver une « marge de manoeuvre ». Conformément au principe convenu de « réciprocité moins que totale », les pays en développement se sont prononcés en faveur d’un accès aux marchés des produits non agricoles (AMNA) à des prix bien plus élevés dans le cadre de la formule de réduction tarifaire, d’une exemption de la clause d’anticoncentration ainsi que de la nécessité de préserver la nature volontaire des initiatives sectorielles. A contrario, les pays développés ont soutenu les engagements de réduction tarifaire accrue pour les produits industriels, l’application d’une clause anticoncentration ainsi que l’application obligatoire d’initiatives sectorielles à certains pays en développement. Compte tenu de ces différences, ces négociations menées de manière intermittente sur près de sept ans n’ont jusqu’à présent pas encore abouti à une conclusion satisfaisante.
  • Au moment de l’adoption de la Déclaration du Millénaire des Nations Unies, la principale préoccupation de la communauté internationale en ce qui concerne la dette extérieure des pays en développement concernait la situation difficile des pays à faible revenu. Le Fonds monétaire international (FMI) et la banque mondiale ont lancé en 1996 l’Initiative d’aide aux pays pauvres très endettés (PPTE), qui a été renforcée en 1998, mais cette initiative progresse lentement. Le Consensus de Monterrey de 2002 de la Conférence internationale sur le financement du développement soulignait l’importance de la mise en oeuvre totale et rapide de l’Initiative PPTE, considérée comme une contribution importante à la réalisation des objectifs du Millénaire. Dans le cadre de ce processus, l’Initiative PPTE a été complétée en 2005 par l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM). L’IADM, en assurant l’annulation intégrale des créances admissibles, vise à dégager des ressources supplémentaires pour aider les pays PPTE à atteindre les objectifs du Millénaire.
  • Rares sont les engagements internationaux relatifs à la mise à disposition de médicaments autres que ceux liés aux trois maladies au premier plan de l’actualité (VIH/sida, tuberculose et paludisme). Ceux-ci sont abordés dans le cadre du sixième objectif du Millénaire et leur évolution est suivie chaque année dans le rapport sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Les engagements existants en ce qui concerne les médicaments sont souvent dépourvus de cibles quantitatives et, contrairement aux autres engagements abordés dans ce rapport, ils ne mentionnent généralement pas l’offre globale disponible aux niveaux mondial ou national. Le « retard d’exécution » est par conséquent difficile à mesurer eu égard aux engagements mondiaux, de même que la répartition des avantages entre les différents pays (le « retard de couverture »).
  • Dans les années qui ont précédé la crise économique mondiale, de nouveaux progrès ont été réalisés dans l’accès de la population mondiale aux technologies de l’information et de la communication (TIC), et notamment la téléphonie cellulaire. Le fossé numérique, en termes de différences dans l’accès et l’accessibilité économique, reste néanmoins très marqué entre les riches et les pauvres, tant au niveau international que national, et il s’est à peine réduit au cours de cette dernière décennie.