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  • La série Coup d’oeil sur les produits de base a pour but de collecter, présenter et disséminer des informations statistiques précises et pertinentes concernant les marchés internationaux des produits de base, sous une forme claire, concise et conviviale.

  • L’avenir énergétique figure au sommet de l’Agenda international relatif au développement durable et ceci devrait continuer d’être le cas pour les années à venir. Ceci est particulièrement mis en exergue dans le Programme de développement durable 2030 adopté récemment et en particulier au travers de l’Objectif de développement durable (ODD) 7, qui vise à garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable. En outre, le récent Accord de Paris dans le cadre de la Conventioncadre des Nations Unies sur les changements climatiques a permis de galvaniser l’attention internationale autour des effets du changement climatique à un moment où les gouvernements réaffirmaient leur intention d’assurer l’accès à l’énergie pour tous d’ici 2030. La combinaison de ces instruments internationaux a permis d’ouvrir le débat sur la question de la stratégie à adopter au niveau des sources d’énergie non conventionnelles.

  • En raison des caractéristiques relatives au transport du gaz naturel (encadré 2), ce marché est fragmenté en trois grandes régions : l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie/ Océanie, avec des mécanismes de formation des prix et des prix de référence spécifiques à chacune d’entre elles. Les prix de référence sont respectivement (1) le prix au comptant pour l’origine Henry Hub (Louisiane, États-Unis) pour l’Amérique du Nord, (2) le prix moyen à la frontière d’importation pour l’Europe et (3) le prix à l’importation au Japon du gaz naturel liquéfié (GNL) ; principalement utilisé dans la région Asie/Océanie.

  • Aux États-Unis, l’exploitation du gaz de roche mère à grande échelle a débuté au milieu des années 2000, alors que la conjonction de l’épuisement à long terme des réserves de gaz naturel conventionnel et les prix élevés de celui-ci ont rendu économiquement rentable l’emploi combiné du forage horizontal et de la fracturation hydraulique.

  • En 2015, la production commerciale de gaz de roche mère s’est presque exclusivement limitée à deux pays, les États-Unis et le Canada, qui ont respectivement représenté 87 et 13 pour cent de la production mondiale. De grands projets sont en cours de développement dans d’autres pays, tels que l’Argentine et la Chine, tandis que d’autres s’opposent au développement de ces ressources, en interdisant notamment sa principale technique de production, à savoir la fracturation hydraulique, ce qui est le cas de la France, par exemple. Le clivage entre ces deux positions diamétralement opposées relatives à l’exploration et à l’exploitation du gaz naturel non conventionnel à partir des gisements de roche mère a été l’un des faits marquants du secteur depuis une décennie.

  • Avec des centaines de milliers de puits forés depuis le milieu de la décennie 2000, les États-Unis ont acquis une expérience quant à l’exploration et à la production de gaz de schiste. Ils ont également développé une large gamme de connaissance sur les impacts potentiels de cette industrie extractive sur les populations locales, l’environnement et l’économie. D’autres pays possédant des ressources en gaz de roche mère pourraient vouloir s’inspirer de ce modèle, ne prenant en considération que les aspects positifs de cette expérience. En effet, le développement des activités de gaz de schiste peut être vu comme un moyen de réduire les factures d’importation de gaz naturel et accroître l’indépendance énergétique. Il peut également être appréhendé comme un vecteur de création d’emplois directs et indirects, notamment par le biais du développement des services d’appui, ainsi que la revitalisation de secteurs d’activité en perte de vitesse. Des secteurs industriels ont, en effet, bénéficié de gains de compétitivité sous l’effet d’une énergie et de coûts d’intrants meilleur marché. En outre, les quantités croissantes de gaz naturel devenues disponibles au travers des gisements de gaz de schiste ont également permis aux États-Unis de réduire leur consommation de charbon, en particulier dans la production d’électricité. Toutefois, il doit être mis en exergue que le développement de cette industrie a également soulevé de nombreuses questions conduisant à une interdiction accrue de l’exploration et de la production de gaz de roche mère, tout particulièrement dans les zones fortement peuplées (État de New York, par exemple).

  • En tant que premier pays consommateur de gaz naturel au monde, les États-Unis ont traditionnellement joué un rôle clé dans le secteur. Dans le contexte d’un marché fortement segmenté régionalement, ils figurent parmi les trois principaux centres de formation des prix. Cependant, le marché a subi de profonds bouleversements faisant suite aux développements qui se sont produits au niveau de la production de gaz de schiste dans ce pays, principalement depuis 2007. À partir du milieu des années 2000, la production de gaz de schiste a en effet rapidement augmenté, propulsant les États-Unis au premier rang mondial à partir de 2009. De plus, d’importateur net de gaz naturel en 2007, le pays est récemment devenu exportateur net et cette tendance devrait se poursuivre en 2018. Les changements drastiques qui ont eu lieu au niveau de l’infrastructure nationale reflètent particulièrement cette mutation. Alors qu’en 2007, les États-Unis investissaient massivement dans le développement de leurs capacités d’importation de GNL, avec plus de 40 terminaux construits ou proposés à la construction, leurs investissements se sont réorientés vers le développement de leurs capacités d’exportation qui destine le pays à atteindre le troisième rang mondial dès 2020.